Chacal & Girafe

« Le chacal est un excellent gardien de nos besoins et un exécrable chargé de communication ». Marshall Rosenberg

Marshall Rosenberg a choisi la girafe et le chacal pour symboliser deux modèles de communication différents.

Ces deux animaux symbolisent deux visions du monde (paradigmes) qui ont chacun leur cohérence et leurs valeurs.
Avec quelles lunettes est-ce que je choisis de voir le monde?
Lequel des deux modèles sert le mieux la relation et la vie?


Chacun de nous fait du mieux qu’il peut pour satisfaire ses besoins, dans les circonstances et avec la conscience qui sont les notres à un moment donné.

Le chacal et la girafe, sont, tous deux, intimement présents en nous.

La girafe est le mammifère terrestre qui a le plus gros coeur.
Un grand cœur, symbole d’amour et pour ne jamais oublier ce besoin profond de contribution.
Son grand cou lui donne la hauteur et la perspective de vue, on pourrait dire qu’elle voit les conséquences de ses actes et en prend l’entière responsabilité.
Elle est grégaire et sait ce que « solidarité, partage, soutien, attention… » veulent dire.
Le mode girafe est notre mode « naturel« .
Il est basé sur ce qui se passe en nous, ce que nous observons par nos sens, ce que nous ressentons  et sur la prise de conscience de ce qui est important pour nous (besoins, valeurs…) qui est à la source de nos émotions et ce que nous demandons pour améliorer la situation; il est aussi basé sur l’écoute de ce qui se passe en l’autre (selon le même processus) et comment NOUS faisons ensemble pour nous connecter, entendre les besoins de chacun et voir comment nous rendre la vie plus belle.

Le chacal est une girafe qui n’a pas encore appris le langage du cœur.
Quand il est « stimulé », il réagit selon les habitudes qu’il a prises et qui lui viennent de son éducation, de la culture dans laquelle il a grandi, d’un schéma bien ancré depuis des siècles selon lequel l’humain est « mauvais » (l’homme est un loup pour l’homme) ou plutôt, et j’aime mieux le formuler ainsi: l’humain oublie qu’au fond il adore contribuer au bien-être des autres.
Malgré ses manières parfois désagréables voire désastreuses, le chacal qui est en chacun de nous cherche à protéger notre intégrité, nos valeurs, nos aspirations, etc.
Le mode chacal est notre mode « habituel » qui utilise la critique et le jugement; le déni de responsabilité de nos pensées, de nos paroles, de nos actes; l’exigence, la punition, la récompense, la culpabilité et la peur; des notions souvent binaires telles que tort/raison, vrai/faux, beau/laid, etc.

 

Les BESOINS

postit_besoinsQuelques uns de nos plus profonds besoins en plus des besoins dits « de subsistance ».

La Communication NonViolente est centrée sur la notion des besoins humains fondamentaux.

« Il n’est rien que nous fassions qui ne soit pour satisfaire un besoin », Marshall Rosenberg.

Ils sont cette énergie qui nous met en mouvement, ils sont universels et immatériels à l’instar de nos aspirations ou de nos valeurs, on ne peut ni les faire, ni les prendre, ni les toucher. Ils ne dépendent pas des circonstances, ni des personnes.

« Je suis sidéré par l’efficacité du processus. Je pourrais vous donner des exemples d’expériences entre des extrémistes politiques et religieux israléliens et palestiniens, entre des Hutus et des Tutsis, entre des tribus chrétiennes et musulmanes du Nigéria. A chaque fois, je suis émerveillé  de voir à quel point il est facile d’arriver à la réconciliation et à la guérison. Je le répète : il suffit de faire en sorte que chacune des deux parties entre en lien avec les besoins de l’autre. Pour moi, les besoins sont le chemin le plus directe pour se relier à l’énergie qui nous habite. Tous les êtres humains sont animés par les mêmes besoins.
Nous avons des besoins car nous sommes en vie. »
Marshall Rosenberg in Les bases spirituelles de la CNV.

Ce mot de « besoin » est connoté négativement dans notre langage car il est associé à l’idée de manque, de dépendance, d’avidité ce qui ne reflète pas la beauté et l’énergie de vie qu’il contient.

Nous n’avons pas appris à exprimer nos besoins, nous pouvons, là aussi affiner notre vocabulaire.
Je souhaite, à partir d’une liste des besoins couramment utilisée en Communication NonViolente, mettre à votre disposition les définitions de ces mots agrémentées d’exemples, illustrations, vidéos, musiques, etc.

•Besoin d’air.
•Besoin d’empathie.
•Besoin de reconnaissance.

Nous ne sommes pas séparés !

Fiers de leurs origines, ils acceptent un test ADN !

https://positivr.fr/origines-pays-experience-test-adn-momondo/

On a tendance à définir ses origines en se basant sur celles de ses parents et en se regardant dans le miroir. Grossière erreur ! Notre physique et notre lieu de naissance ne disent quasiment rien de notre généalogie. Du moins, il n’en illustrent qu’une infime partie. La preuve avec cette expérience troublante, fascinante et passionnante à laquelle se sont soumis 67 volontaires venus du monde entier. Serions-nous tous métis ? On dirait bien, et c’est une excellente nouvelle !

Film produit par Momondo qui est une agence de voyage.

Besoin d’empathie

 

« Ne te contente pas d’agir, sois là ! » Bouddha

La définition au regard de la psychologie est : cette attitude envers autrui caractérisée par un effort de compréhension intellectuelle de l’autre excluant tout entraînement affectif personnel (ce qu’est la sympathie par exemple) et tout jugement moral.
Selon la définition, le contraire de l’empathie est l’apathie: état d’une âme qui n’est susceptible d’aucune émotion, voir nonchalance, indolence.

Selon le sens courant, l’empathie est : la capacité de se mettre à la place d’une autre personne.

Pour la Communication NonViolente, l’empathie est : la capacité d’être avec une autre personne, de lui offrir une présence réelle sans jugement et un espace d’accueil inconditionnel. Il ne s’agit pas de comprendre intellectuellement mais ressentir ce que l’autre est en train de vivre en termes d’émotions et de besoins.
Je tente de focaliser mon attention sur ce qui se passe chez l’autre, quelle que soit sa manière de s’exprimer. Je suis à son écoute et me relie à ce qu’il est en train de vivre sans analyser, interpréter, ni chercher des solutions. J’ai confiance que l’autre trouvera les solutions adaptées à sa situation.

Cela ne signifie pas que je suis d’accord avec ce qu’il exprime !

Les effets:
Voici ce qu’en dit Carl Rogers :
« Lorsque quelqu’un vous entend réellement sans vous juger, sans essayer de vous prendre en charge ni de vous modeler, c’est délectable… Quand on m’a écouté et entendu, je peux redécouvrir mon univers sous un jour nouveau et poursuivre mon chemin. Il est étonnant de voir comme ce qui semblait insoluble se dénoue quand quelqu’un vous écoute. Comme tout ce qui semblait confus peut soudain couler de source quand on est entendu ! »

 

Besoin de reconnaissance

Quelques années en arrière -disons: avant 2012- je ressentais du dépit en voyant mon travail photographique peu diffusé, peu exposé, peu acheté,…
Je pestais contre ce marché de l’art qui consacrait les uns et délaissait les autres et j’avais cette opinion répandue que les dés étaient pipés, que les choix étaient moins dictés par l’appréciation de la qualité du travail que par des motivations commerciales, etc… Bref, si je m’avouais une petite part de responsabilité dans cet état de fait, c’était quand même bien de la faute de ce système si je n’arrivais pas à obtenir cette reconnaissance.
Voilà ce que je me disais et je n’avais pas conscience d’être dans le déni de ma responsabilité.
J’avais besoin de reconnaissance et espérais améliorer ma sécurité matérielle et, au fond, il en allait aussi de l’estime de moi.
Je me sentais démuni et amer tant j’avais besoin d’honnêteté, d’appartenance et de considération.

Mais, cela, je ne le savais pas clairement et n’étais pas capable le formuler…

Heureusement, cela n’émoussais pas mon appétit créatif et j’entamais mon projet sur les limites du département du Gard. J’eus la joie d’intégrer un collectif (FTL) qui se montait en vue de produire un panorama de la France selon des approches artistiques très variées.

P52_D260, St Jean du Gard, Col de St Pierre

Absorbé par mon projet et, simultanément, par la découverte de la CNV, je voyais disparaître mes sentiments de dépit et d’impuissance tant mes besoins d’appartenance, de sens et de reconnaissance se trouvaient comblés par ailleurs. Naturellement, ce qui était lourd devint léger et, naturellement, vint ce que je ne cherchais plus.

Avec France(s) Territoire Liquide (FTL), la Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand (BNF) organise une exposition du 24 octobre 2017 au 4 février 2018.
Dans cette vaste exposition collective, seront présentées des tirages de la série « 30 limites » réalisée dans le Gard.
Ces photographies ont aussi été exposées à Medellin au Musée d’Antioquia (février-mai 2017) puis au MAMBO à Bogota (mai-juillet 2017) dans le cadre de l’Année France-Colombie.

Quand je vois cela, je me sens un peu étonné, surtout amusé et très content aussi car, principalement, ce sont mes besoins de conscience et d’évolution qui se trouvent nourris à cet instant.

Et, pour l’équipe de FTL, qui a dépensé beaucoup d’énergie dans ce projet et m’a apporté un grand soutien, j’ai une immense gratitude dans le cœur.

 

Stage à l’IRTS de Montrouge

Du 27 au 29 juin 2017, une équipe de 7 formateurs est intervenue à l’IRTS de Montrouge près de Paris pour initier des étudiants et futurs éducateurs spécialisés.

Un grand merci à Anne-Marie, Guillemette, Jean-Luc, Nathalie, Isabelle et Alexia, mes « collègues », pour le partage, le soutien mutuel, les échanges d’expériences (et d’exercices), un vrai bonheur !


Pour votre entrain malgré la fatigue de fin d’année, votre participation, vos questionnements, la bienveillance que vous avez maintenue tout au long des 3 jours dans la légèreté et l’authenticité… Pour tout cela MERCI !

« Moi Empereur »

Merci à Alexandre D. qui, par ses facéties, a fait éclore ce jeu. Je l’ai formalisé d’une certaine manière. Chacun peut l’adapter au profit de l’apprentissage de la Communication NonViolente.

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Ce jeu permet:
– de souligner l’importance qu’il y a à discerner les stratégies des besoins
– de mettre en évidence que, quelle que soient nos stratégies, nous cherchons tous à nourrir des besoins
– d’introduire l’empathie de manière ludique…

 

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Exercices avec des photographies

Cet article a pour but de partager des expériences et des outils d’animation qui ont la photographie pour support.

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PHOTO & OBSERVATION
EXO 1
Chacun choisit une photo et prend quelques minutes pour en faire une description écrite (ce que vous voyez)
Par 3 ou en grand groupe
Montre sa photo et lit son observation
Interactions avec le groupe : est-ce une Observation ?

EXO2, amusant et dynamique
Chacun choisit deux photos (ou plus si le groupe est petit).
Chacun montre sa photo aux autres et la décrit.
Dès que celui qui est censé décrire l’image émet un jugement ou une interprétation les autres font « BIIIIP!!!« .
En général quand chacun arrive à la description de sa deuxième photo ça devient beaucoup plus rigoureux dans l’observation!
La conclusion qui revient est que c’est difficile de faire une observation claire, précise et neutre.

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PHOTO & PROCESSUS, inspiré par Lucy Leu.

Intention
Vivre les trois premières étapes du processus de manière ludique.
Intérêt pédagogique:
Me mettre en lien avec ce qui est vivant
Prendre la mesure de l’impact des pensées, interprétations… sur notre appréhension du monde
Proposition pour aider à aller voir ce qui se passe dans son corps
Travail en groupe, partage perceptions différentes/images
L’étape des interprétations permet d’accéder aux sentiments
Bien adapté à ceux qui sont plutôt visuels
Matériel jeu de photos
de quoi prendre des notes
tableau de papier et feutres
Durée 45 minutes
Par groupe de 2, 3 ou 4 personnes et ensuite en grand cercle pour le bilan.

Ecrire les consignes au tableau:
•Je vois … (Observation)
•Je pense, je me dis que … (Interprétation)
•J’ai une sensation de … (Sensations physiques, émotions, sentiments)
•J’accorde de la valeur à…, ce qui est important pour moi c’est…, j’aspire à… (Besoins universels)
NB: bien utiliser les mots du début: je vois, je pense…

L’exercice
1- Chacun choisit une photo, ne la montre pas encore aux autres et la regarde pendant une minute
2- Chacun prend un temps pour noter ce qu’il voit, pense, ressent et les valeurs qui sont touchées
3- Chacun parle de son image avec son groupe en suivant le processus
4- On échange les photos avec l’autre groupe (ou les autres groupes) et on recommence.
Lucy faisait faire tourner les photos au sein de chaque groupe mais, l’ayant vécu, je trouvais que ça perdait un peu d’attrait du fait que chacun a déjà entendu les interprétations des autres.
Du coup j’ai modifié l’étape 4 de l’exercice en proposant un échange de photo entre groupes, pour plus de surprise parce qu’on ne sait pas ce qui s’est dit sur les images.
Je propose aussi que les personnes de chaque groupe qui ont eu les mêmes photos se retrouvent pour échanger leurs expériences et débriefer ensemble avant retour en cercle. Cela permet de voir combien, à partir d’une même image, les interprétations peuvent être différentes.
Options en plus
•Les deux qui ont eu la même photo échangent leurs expériences et proposent une action pour nourrir les besoins mis en lumière dans l’exercice
•Par deux cela peut être un exercice d’écoute empathique, reformulation…
Histoire (rapportée par Lucy Leu): Dans le 1er processus Marshall Rosenberg avait inclu les pensées, interprétations et jugements puis il les a retirées pour simplifier et aller plus vite dans un endroit plus agréable: les besoins.

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PHOTO & CONNEXION
Chacun choisit une photo et se présente à partir de l’image, « j’ai choisi cette photo parce que… »…
Cela peut se faire par 2, par 3 ou en grand cercle.

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UNE PHOTO PLUSIEURS RESSENTIS

But : montrer que nos émotions dépendent uniquement de nous, elles nous appartiennent (« L’autre n’a pas la télécommande de mes émotions ». Thomas d’Ansembourg.)
Par groupe de 2 ou 3
1 photo par groupe (choisie par l’animateur)
Chacun note ce qu’il ressent (S) et quelles valeurs sont touchées (B) chez lui.
Tour de parole et échanges au sein du groupe pour comparer les différences de perception de chacun.